Randonner de Façon Écoresponsable : Guide Complet


Vous êtes un amoureux de la nature et de la randonnée ? Vous avez alors sûrement à cœur de la préserver lorsque vous vous y promenez. Mais parfois, certaines habitudes les plus anodines peuvent s’avérer mauvaises pour l’environnement, sans qu’on le sache. L’erreur est humaine, on ne peut bien sûr, ni tout savoir ni être parfait. Mais grâce à notre guide, vous aurez de nouvelles billes dans votre sac pour randonner de façon écoresponsable.

Avant de partir en rando : S’organiser et prévoir

Dans l’idéal, un bon randonneur est un randonneur… qui reste chez lui ! Ce serait du moins l’avis de tous les animaux, des plantes, des sols et des cours d’eau s’ils pouvaient le donner…

Mais nous allons le voir, il est tout à fait possible de cohabiter tous ensemble ! Et tout commence par une bonne préparation de votre voyage.

Les bons réflexes pour vous équiper

Nos habits et nos équipements peuvent avoir un impact négatif sur l’environnement, de façon directe ou indirecte.

Pour schématiser : un vêtement en fibres synthétiques fabriqué en Asie que vous aurez acheté neuf sera bien plus nocif qu’un autre produit en Europe avec des fibres recyclées acheté d’occasion.

En avez-vous vraiment besoin ?

Il y a tellement d’offres et de nouveautés dans les rayons des magasins, qu’il est très tentant d’acheter des articles – sans doute très pratiques – mais qui ne seront peut-être pas vraiment utilisés. Kits de survie, couteaux multifonctions 18 en 1… sont autant d’objets qui alourdissent les sacs à dos et notre bilan écologique.

S’ils ne polluent pas directement les lieux que nous visitons, ils participent par leur production et leur acheminement à la dégradation de l’eau, de l’air, et de la terre.

Sélectionnez la meilleure matière pour vos habits et votre équipement

Dès votre acquisition, votre choix aura des conséquences sur la nature, que ce soit sur le site de production, les routes de transport, et le lieu de votre balade.

Pour vous aider à faire votre choix, il existe des labels qui garantissent un certain nombre d’engagements au niveau environnemental et humain :

  • Bluesign :
  • GOTS
  • Leather Working Group
  • OEKO-TEX Standard 100
  • PFC Free

Pour les vêtements déperlants, choisissez des matériaux sans PFAS. Il existe de nombreux modèles proposés par des marques engagées, comme Patagonia, Vaude, ou Picture, par exemple.

Achetez d’occasion ! Votre porte-monnaie vous dira merci, et la nature aussi !

Le marché de l’occasion est une vraie mine d’or, et en cherchant un peu, vous pouvez y trouver de belles pépites ! Vêtements, tentes, sacs à dos, gourdes… pourquoi payer plus cher et créer de nouveaux objets, alors qu’il en existe des milliers déjà produits qui n’attendent que vous pour leur donner une deuxième vie ?

Là aussi, fuyez les matières polluantes qui contiennent des PFAS.

Le transport et la destination : Un choix crucial


Il est important de connaître les bonnes pratiques pour randonner de façon écoresponsable. Mais tous nos efforts peuvent être mis à mal en fonction de la destination choisie, et de nos modes de transports.

La Charte du Randonneur, pour randonner de façon écoresponsable.

Se déplacer à faible coût carbone

La distance à parcourir a bien sûr des conséquences importantes, surtout si l’on voyage en avion, ou avec voiture thermique individuelle. Alors, pourquoi ne pas envisager d’utiliser d’autres modes de transports ? Le train, par exemple, est le mode de transport rapide le plus écologique et permet souvent de se rapprocher au plus près de son point de chute.

Pour les plus motivés, les véloroutes offrent la possibilité de voyager en vélo, pour profiter pleinement du paysage en mode « slow tourism », le tourisme qui prend son temps… mais qui peut aller loin : certains itinéraires peuvent vous emmener jusqu’aux frontières de l’Europe, de la Norvège au Portugal, ou de la Bretagne à la mer Noire !

Une fois sur place, préférez les mobilités douces et l’exploration des sites autour de votre logement. En le choisissant bien, vous pourrez trouver des départs de petites ou grandes randonnées sans avoir à prendre la voiture à chaque fois.

Évitez les foules !

Une fois la question du transport réglée, il reste celle de la destination. Là aussi, vos choix auront un impact fort !

Certains endroits sont très populaires et attirent beaucoup de monde, soit parce qu’ils sont renommés depuis longtemps, soit parce qu’un effet de mode a été lancé sur les réseaux sociaux. On parle alors de surtourisme.

Dans les villes, cela entraîne des nuisances pour les habitants, et une hausse du coût de la vie. Dans la nature, les conséquences peuvent être bien plus importantes. La surfréquentation entraîne bien souvent une diminution des espèces sauvages, et une dégradation des sols due à l’érosion et au piétinement.

En évitant les foules et les zones tendues, vous allégerez la pression sur des sites fragilisés, et vous profiterez tranquillement de paysages moins courus.

Chaque lieu est unique

Les règles de protection de la nature peuvent varier d’une région ou d’un pays à l’autre.

Se renseigner avant de partir permet de connaître :

  • la réglementation locale concernant les espèces protégées ;
  • les limites des parcs naturels ;
  • les frontières éventuelles ;
  • les règles particulières de sécurité.

Sur les sentiers : Randonnez de façon écoresponsable

À présent que vous êtes arrivés, vous n’avez qu’une idée en tête : aller crapahuter sur les chemins pour faire le plein de nature.

Une fois lancé sur les chemins… restez-y ! Grisé par la sensation de liberté ou par une simple curiosité, il peut être tentant de faire du hors-piste. Après tout, est-ce si grave de marcher dans la nature ? C’est pourtant moins anodin qu’il n’y paraît.

Sortir des chemins tracés peut entraîner des conséquences fâcheuses :

  • érosion du sol ;
  • piétinement de la flore ;
  • perturbation des animaux, surtout des plus jeunes ;
  • risques accrus pour sa sécurité, surtout en montagne ;
  • complication du sauvetage en cas d’accident.

Comme il est très justement dit dans la charte du randonneur : « le bon chemin est celui que l’on respecte ». Pour éviter de vous perdre ou de sortir du sentier, suivez les balisages de couleur qui jalonnent votre itinéraire.

Si vous n’avez pas installé d’application dédiée sur votre téléphone, n’oubliez pas d’emporter un plan du parcours, on en trouve souvent des gratuits dans les Offices de tourisme.

Pendant les pauses : Attention à votre environnement


Tant que l’on déambule sagement sur les sentiers, les risques sont minimisés, tout occupés que nous sommes à mettre un pied devant l’autre en profitant du paysage. Mais lorsque la pause ou le bivouac arrivent, nous avons tout le loisir de nous lancer dans des activités qui, dans la nature, peuvent avoir un impact insoupçonné !

Le poison lent des déchets (même compostables !)

Vous vous en doutez bien, il est hors de question de laisser des déchets polluants derrière vous. D’autant plus qu’ils mettent énormément de temps à se décomposer : 10 ans pour un simple mégot de cigarette, et plusieurs siècles pour un vulgaire sac plastique !

Mais alors, peut-on jeter les déchets biodégradables ?

Bien entendu, un trognon de pomme ou un noyau de pruneau par terre, c’est bien moins grave qu’un sac de chips ou une canette.

Pour autant, abandonner ses restes de nourriture n’est pas totalement sans conséquences.

Les aliments que nous emportons en promenade sont le plus souvent étrangers de l’écosystème local. Les animaux sauvages n’ont pas l’habitude de les consommer. Par conséquent, ils peuvent avoir du mal à les digérer, ou tomber malades, voire mourir.

Un simple exemple : l’amygdaline présente dans certains noyaux de fruits se décompose en cyanure d’hydrogène, ce qui peut gravement intoxiquer les animaux qui les avaleraient.

En altitude, c’est pire encore : les épluchures et les restes de fruits se décomposeront bien plus lentement qu’en plaine. Une simple pelure d’orange peut mettre plus d’un an pour disparaître du paysage !

La meilleure solution reste de conserver ses déchets dans un sac, et de les trier plus tard.

Le pire étant de les laisser à la vue de tous, ce qui crée de la pollution visuelle ; ou près des routes, ce qui peut mettre en danger les animaux s’en approchant.

Ne pas laisser de traces, pour une nature intacte

L’initiative « Leave no trace » a largement popularisé cette pratique salutaire : ne pas modifier l’état des lieux, ne pas laisser de traces.

Cela vaut pour les déchets, mais aussi pour les constructions en bois ou pierre (cairns), ainsi que pour la collecte de plantes, cailloux, et autres trophées rapportés en souvenirs. En plus d’imposer une marque humaine dans un milieu naturel, cela appauvrit la flore et dérange les petits habitants des pierrailles, qui ne sont pas des déserts sans vie.

Là encore, ce n’est pas un acte isolé qui aura des conséquences néfastes, mais sa répétition par un grand nombre de randonneurs.

En plus de créer des risques d’incendie, les feux de camp laissent eux aussi des traces bien visibles. Si vous le pouvez, utilisez plutôt un petit réchaud pour votre repas.

Il est toujours possible de se régaler avec un bon pique-nique, surtout pendant la saison estivale.

Si l’option de faire un feu n’est pas discutable, veillez à prévoir de l’eau pour l’éteindre, de bien enlever les feuilles mortes et brindilles autour, et de faire très attention si le vent se lève.

Vous souhaitez établir un bivouac ? Pour éviter une amende, renseignez-vous bien si la réglementation locale l’autorise, car ça n’est pas toujours le cas. De façon générale, il faut monter le camp le soir, et le démonter le matin. Sinon, c’est du camping sauvage ! Dans la plupart des parcs nationaux, la plage horaire s’étend de 19 h à 9 h.

En définitive, vous aurez coché toutes les cases si votre passage n’a pas modifié le paysage. Ce ne sera sans doute malheureusement pas le cas de tout le monde… Alors, n’hésitez pas à ramasser les bouteilles en plastique ou les emballages de bonbons abandonnés là par des promeneurs moins scrupuleux !

L’eau, un élément essentiel et fragile

Si vous avez prévu de vous rafraîchir ou de vous baigner dans la nature, c’est tout à fait possible en plaine. Et même en montagne, dans de grands lacs, comme celui du Bourget ou de Serre-Ponçon.

Pour les petits lacs d’altitude, c’est bien plus délicat. Du fait de leur taille, de leur isolement et de leur basse température, ils constituent un écosystème fermé très fragile. Cela peut paraître insignifiant, mais même la crème solaire sur notre peau peut perturber l’équilibre des micro-organismes y vivent toute l’année.

Alors, on évite d’écraser les larves et les petits œufs qui peuvent être accrochés sur les galets des berges, et on ne fait pas sa vaisselle ou sa petite lessive dans ces eaux si importantes pour la faune locale.

Si vous partez plusieurs jours et que vous voulez faire un brin de toilette et votre petite vaisselle dans un cours d’eau, privilégiez alors les produits les plus naturels et écologiques possibles.

Animaux sauvages et domestiques : Partagez l’espace pour leur bien-être !

Nous ne vivons plus dans la nature depuis bien longtemps, mais les animaux, eux, ne l’ont jamais quittée ! Donc, quand nous y randonnons, nous nous invitons un peu « chez eux »…

C’est à nous de respecter la tranquillité nécessaire à leur bien-être.

Pour cela, quelques précautions s’imposent.

  • Évitez de faire trop de bruit (musique forte, cris, moteurs).
  • Ne vous approchez pas de trop près, surtout des petits : la mère pourrait sentir votre odeur et les rejeter.
  • N’essayez pas de les nourrir : cela peut les faire tomber malades, les rendre trop dépendants des humains.

Lors de vos pérégrinations, vous rencontrerez peut-être aussi des troupeaux. Même s’ils sont habitués à voir passer des Homo sapiens en short, contournez-les tranquillement, en tenant bien votre chien s’il vous accompagne.

Et si un chien Patou rapplique, pas de panique ! Après s’être assuré que vous ne représentez pas de danger, il retournera près du troupeau.

Avec les animaux, c’est comme en société : on a les meilleures relations quand on est calme et courtois !

Randonner de façon écoresponsable : le mot de la fin

Vous le voyez, randonner de façon écoresponsable n’est finalement pas si compliqué. Avec un peu de bon sens et d’empathie, c’est à la portée de toutes et tous. Et si cet article vous a plu, partagez-le pour que ces bonnes pratiques se diffusent autour de vous !


Pour aller plus loin :

La Charte du Randonneur – Fédération Française de Randonnée

Parcs nationaux de France – Réglementation

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